Eden Foundation

Eden Foundation

Fondée en 1985 en Suède
Active à Tanout, Niger depuis 1987

auf deutsch

in english

nederlands

på norsk

på svenska

Nous sommes ici

L'usage du semis direct par les fermiers - la solution naturelle aux problèmes du Sahel

Introduction

La grande majorité des fermiers au Sahel sont des fermiers de subsistance. C'est pourquoi il leur est vital de produire une quantité suffisante de nourriture pour couvrir leurs besoins, et d'avoir un surplus qu'il peuvent échanger contre d'autres nécessités. Ils ont également besoin d'assez d'eau à bo
Lisez le dernier
article d'Eden:

The Lost Treasures of Eden

ire et pour couvrir les autres besoins domestiques. Eden voyait ces buts compromis par la dégradation environnementale au Sahel. On peut observer cette dégradation environnementale au sud de Tanout, Niger, où la station de recherche d'Eden est située. Là, la terre est défrichée pour permettre la culture annuelle. On considère que les autres plantes gênent les annuelles, et elles sont donc abattues ou déracinées. La période entre le semis et la récolte de ces cultures annuelles (constituées essentiellement de mil) est d'environ trois mois. Quelques mois après la récolte, les fermiers fauchent et brûlent les tiges, exposant les champs aux vents violents jusqu'à la saison de semis suivante. Ces vents érodent le sol, dépouillant la couche arable de nutriments, déracinant les graines et les plants, et suffoquant les plants et les plantes là où s'accumulent plus tard le sol et la terre. Il existe d'autres facteurs contribuant à l'enlèvement des plantes vivaces, notamment la pâture excessive du bétail détruisant les plantes vivaces immatures, ainsi que la récolte excessive de bois de chauffage, plus destructive pour les plantes vivaces mûres. Des tempêtes de sable et de poussière surviennent régulièrement; résultat de cette dégradation environnementale.

Pour que les fermiers aient une sécurité alimentaire à partir de leurs champs, l'environnement doit être stabilisé. Aussi, l'eau est une source si rare qu'elle doit être utilisée très sobrement. Pour Eden, la meilleure façon de stabiliser l'environnement est que les fermiers cultivent eux-mêmes des plantes vivaces tolérantes à la sécheresse pouvant s'utiliser comme nourriture. La part d'Eden dans ceci est de tester des plantes alimentaires tolérantes à la sécheresse, pour après, par l'intermédiaire de fermes-pilotes introduire les plus prometteuses aux fermiers qui auront accès à des quantités de graines pour démarrer, des plantes qu'ils peuvent eux-mêmes produire lorsqu'ils sont motivés à le faire.

Par conséquent il est opportun qu'Eden s'intéresse à la recherche et au développement du Dry Farming de plantes vivaces comestibles pouvant tolérer une moyenne annuelle de précipitations <225 mm dans des conditions de désert aride. Le Dry Farming signifie le semis direct d'espèces capables de pousser sous les conditions locales, sans les moyens artificiels de soutien coûteux comme l'irrigation, les engrais inorganiques, etc. Eden s'intéresse aux herbes, aux arbustes et aux arbres.

Le semis direct constitue la voie naturelle de la culture de plantes alimentaires tolérantes à la sécheresse, comme cette façon de semer a deux buts envisagés par les fermiers. Ces buts sont premièrement de produire de la nourriture, et secondairement de préserver l'eau, les nutriments, etc. Par comparaison les pépinières demandent de l'eau, des sacs en plastiques chers et polluants, le transport des plants à des sites de plantation, ainsi que leur entretien. Le semis direct permet d'introduire des plantes vivaces sur une vaste échelle, même dans les endroits les plus isolés. La raison en est que le semis direct peut s'utiliser là où l'eau n'est pas facilement accessible, et qu'il est si bon marché par rapport aux autres méthodes, surtout lorsque le semis direct est fait par les fermiers eux-mêmes. Il leur permet de protéger leur propre environnement en employant des technologies qui leur sont disponibles. Des plantes vivaces semées par semis direct ont tendance à produire rapidement un système étendu de racines, mais le bourgeon pousse plus lentement, tandis que les plants élevés dans des pépinières ont tendance à produire de larges bourgeons, ce qui accroît l'évaporation, et les racines sont très vite à l'étroit dans les sacs en plastique. Ce qui signifie que les plantes semées par semis direct ont une plus grande probabilité de pouvoir atteindre l'humidité restant dans le sol après la fin de la saison des pluies, que ceux qui ont été élevés dans des pépinières, grâce à leur système plus étendu de racines. Ces plantes sont donc plus tolérantes à la sécheresse. On peut aussi mentionner que le semis direct marche, Eden a établi des populations de diverses espèces vivaces à la station de recherche.

Les plantes vivaces ont l'avantage distinct de produire de la nourriture pendant les années de sécheresse lorsque les cultures annuelles ont failli. Aussi, la nourriture peut être récoltée durant toute l'année, y compris les mois critiques avant la récolte des plantes annuelles lorsque les fournitures alimentaires peuvent s'épuiser. Les fermiers protégeront plus probablement les espèces fournissant directement de la nourriture humaine que celles à usages non-alimetaires comme le bois de chauffage. Les plantes vivaces fournissent une couverture de végétation permanente et les plantes annuelles peuvent être associées. Lors d'une culture composée exclusivement de plantes annuelles, les nutriments du sol sont épuisés comme les résidus de la culture sont défrichés et brûlés dans les champs. Les plantes vivaces fournissent de la matière organique et des nutriments tels que l'azote, le phosphore, le soufre ainsi que d'autres nutriments essentiels à la croissance des plantes à partir de feuilles tombées; et quelques-unes fixent l'azote. La matière organique absorbe des nutriments pour après les relâcher lentement aux racines, et contribue à empêcher la dissolution de nutriments solubles dans l'eau comme les nitrates. Les nutriments provenant des plantes vivaces constituent un alternatif aux engrais inorganiques coûteux.

Les fermiers cultivant le mil ont beaucoup de travail pendant la brève période de trois mois entre le semis et la récolte, mais après cette période il y a peu de travail dans les champs. La culture des plantes vivaces fournit du travail pendant les saisons outre la saison de croissance du mil et peuvent donc contribuer à arrêter l'exode rural de jeunes en particulier, cherchant un emploi dans les villes et même dans d'autres pays.

L'emplacement d'une station de recherche adaptée aux exigences climatiques de la recherche d'Eden fut sélectionnée à 12 km au sud de Tanout (130 km au nord de Zinder). Le site le plus défavorable de la région, presque dépouillé de végétation, fut choisi, avec l'aide des fermiers locaux, afin  que les essais soient aussi réalistes que possible. Son sol est du type sol duplex composé de sable fin de couleur rouge-marron avec quelque limon, qui se durcit lorsqu'il est sec, et il est couvert quelques places par un sable gros et jaunâtre. Le site est très exposé aux vents violents. La hauteur moyenne des précipitations annuelles à Tanout était de 187 mm entre 1982 et 1991 (et de 206 mm entre 1972 et 1991).

Les espèces que l'on peut établir et qui peuvent survivre à la station de recherche, pousseront probablement encore mieux sur des emplacements plus au sud, ce qui fait que les résultats de cette recherche sont applicables sur un vaste espace du Niger et des autres pays aux frontières du Sahara. La connaissance qu'Eden acquiert par cette recherche est disponible aux institutions gouvernementales locales et aux universités de l'Afrique du nord-ouest, ainsi qu'aux organisations qui coopèrent avec Eden.

Selon la philosophie de développement d'Eden, il est important que les fermiers puissent choisir eux-mêmes si ils veulent semer leurs champs par semis direct ou non. Ce n'est pas nécessaire de les 'éduquer' ni de leur donner des stimulants financiers afin de savoir si la culture de plantes vivaces dans leurs champs leur est bénéfique. Des fermiers du village (nommé Dalli) contigu à la station de recherche pouvaient voir le sable se mouvoir librement, menaçant leurs maisons et détruisant les semences précoces de leurs cultures annuelles. Ces fermiers remarquèrent que les cultures semées près de la station de recherche étaient plus hautes et plus saines que celles semées plus loin et que la station de recherche était moins touchée par les tempêtes de sable et de poussière. Ils tirèrent eux-mêmes des conclusions quant aux bénéfices de semer des plantes vivaces dans leurs champs.

Pour que les fermiers aient accès à une espèce, celle-ci doit premièrement être triée par les Valeurs Introductives Dry Farming d'Eden (DFIV).  Elle doit avoir un bon résultat dans l'aboutissement, l'accomplissement et la constructivité. Aboutissement signifie sa capacité de devenir une plante mûre. Accomplissement signifie sa capacité de produire de la nourriture de qualité sans abîmer les parties de la plante vitales à sa croissance future. Constructivité signifie comment les espèces sont constructives pour les fermiers et l'environnement, dans ce cas la stabilisation de la terre. Si la plante n'obtient pas un bon résultat dans l'une de ces trois valeurs elle est éliminée à ce stade, ce qui arrive aux plantes annuelles tolérantes à la sécheresse lorsqu'elles sont évaluées en Constructivité. (Une explication plus détaillée des DFIV est fournie dans la section "méthode" de ce document.)

Eden a fait des essais de capacité de survie et de semis direct depuis 1988 (connus aussi sous le nom de Test de Préparation des Candidates Dry Farming) afin d'apprendre comment au mieux établir une population saine de plantes vivaces par semis direct. Les résultats de ces essais sont utilisés pour évaluer les espèces par les DFIV afin  que celles jugées convenables soient disponibles aux fermiers locaux intéressés. Le travail est expliqué plus en détail ci-dessous.

Les Méthodes

Les méthodes qu'Eden emploie à la station de recherche

Les méthodes d'Eden sont présentées ci-dessous. (Ces méthodes sont continuellement mises à jour et améliorées.) Deux variables sont testés. La première est le traitement des graines, incluant la scarification manuelle non-toxique et les traitements d'eau que les fermiers peuvent eux-mêmes réaliser. Jusqu'à cinq traitements sont testées sur chaque espèce. La deuxième variable est la profondeur de semis. Des trous étroits sont faits pour les graines à une profondeur correcte, afin de réduire au minimum l'érosion éolienne et pluviale autour d'elles. Les graines sont semées au début de juillet, pour que le sol soit humide, mais qu'il y ait toujours des pluies à venir.

Les graines sont semées dans des trous séparés afin de distancer chaque graine de 13 cm. Les essais (chaque essai étant une certaine combinaison d'espèce, de traitement de graines et de profondeur du semis) sont semés dans 4 lots de 900 graines chacun qui sont complètement randomisés à l'intérieur de l'endroit expérimental. Le plan entièrement randomisé est utilisé pour faire état de n facteurs comme la présence de nids de fourmis, les variations en micro topographie et dans la texture du sol. Le développement de chaque graine est contrôlé à partir du moment et de l'emplacement du recueillement suivi de sa germination et enfin de sa vie comme plante mûre. La germination est contrôlée huit fois pendant une saison des pluies. Les plants vivants aussi bien que les plants morts sont enregistrés au "stade de vraie feuille" et au stade de cotylédon afin de fournir des données compréhensives sur la germination. Les plantes sont ensuite enregistrées à peu près deux mois après la fin de la saison des pluies et encore un an après le semis, ce qui fournit des données sur leur vitalité. L'éclaircissage est fait un an après le semis comme l'expérience a montré que les plantes ne poussent pas assez vite pour concourir pendant leur première année. Ceci est fait en déracinant les plantes, le vaste espace permettant d'éclaircir sans déranger les autres plantes. Les jeunes plantes sont enregistrées annuellement afin de fournir des données sur leur capacité de survie.

Les changements du niveau du sol sont contrôlés, ce qui donne de l'information sur l'érosion du sol et sur son accumulation pouvant affecter les essais.

La germination de seconde et de troisième année des divers essais est contrôlée ce qui montre si les graines sont toujours viables après cette période dans le sol. Toutes les graines ayant déjà germé sont déduites afin  que la germination de seconde et de troisième année des graines soit comparée avec les graines n'ayant pas germé la première année, c'est-à-dire uniquement avec celles qui restent dans le sol. Ces résultats indiquent l'appropriation d'une plante pour des intentions de re-végétation. Lors de la re-végétation un semis est préférable, ce qui est risqué si la hauteur des précipitations se montre médiocre pendant l'année de semis, mais avec une période de germination prolongée les plantes peuvent toujours être établies à condition que la hauteur des précipitations soit adéquate pendant l'une des années suivantes.

Aucune irrigation, aucun engrais ni aucune manipulation environnementale n'est appliquée. Les résultats de recherche montrent que plusieurs espèces peuvent être établies même dans les années de faibles précipitations, sans l'utilisation de techniques comme la récolte d'eau. (La récolte d'eau n'est regardée que comme moyen d'accroître la performance de la plante, mais jamais comme pré-requise à l'établissement de plantes.)

Les techniques de semis direct des fermiers

Eden est en train de faire disponibles des graines de plantes vivaces comestibles aux fermiers par des quantités de démarrage. L'un des co-travailleurs d'Eden est désigné comme Agriculteur Dry Farming apprenant aux fermiers intéressés les espèces disponibles et démontrant également comment les semer, afin  qu'ils puissent eux-mêmes semer par semis direct. Un couteau Haussa local est utilisé pour faire des rigoles où semer les graines, la profondeur du semis étant calculé en utilisant le diamètre de la graine mesuré avec le couteau.

Les espèces testées au semis direct et à la capacité de survie sont triées par les Valeurs Introductives Dry Farming. Ces espèces doivent assez bien germer et survivre à au moins une saison chaude. Les plantes à parties comestibles abîmant le moins la plante lors de la récolte obtiennent des valeurs plus élevées - la chair du fruit suivie des graines et ensuite des feuilles. Elles sont également sélectionnées à base de leur longévité projetée, l'enlèvement de graines et la simplicité des traitements des graines ainsi que leur Maturité. Maturité signifie la quantité et la qualité de la recherche ayant été faite et indique si davantage de recherche est nécessaire avant que des conclusions ne soient tirées.

Résultats et discussions

Eden a testé 63 espèces au semis direct et à la capacité de survie entre 1988 et 1992. Le taux le plus grand de germination était 80% pour le meilleur traitement de l'une des espèces. La seconde meilleure espèce produisait un taux de germination de 77% pour son meilleur traitement. 28 espèces germaient à  >10% et 18 espèces atteignaient un taux de germination >20%. Le taux de survie moyen de la première année était 64% (espèces semées entre 1988 et 1990), 80% la seconde année (espèces semées entre 1988 et 1989) et 91% la troisième année (espèces semées en 1988).

Eden fit 9 espèces disponibles aux fermiers locaux par des quantités de démarrage gratuites en 1992, 7 (78%) d'entre-elles originaires du Niger. Ils sélectionnèrent 6 de ces espèces pour le semis dans leurs champs et/ou autour de leurs maisons, 4 (67%) d'entre-elles originaires du Niger. Le taux moyen de capacité de survie dans les tests d'Eden des 9 espèces était de 69% la première année, 87 % la seconde année. Le taux moyen de capacité de survie des espèces semées par les fermiers était de 70% la première annèe, 86% la seconde année. (1 de celles-ci fut testée en 1988, 2 en 1989 et 3 en 1990).

Eden reçut 49 commandes de graines en 1992 de 27 fermiers. 14 fermiers voulaient 1 espèce, 7 en voulaient 2, 3 en voulaient 3 et 3 en voulaient 4. Le nombre moyen commandé était de 2 espèces. 13 commandes étaient faites dans le but de production alimentaire, 18 dans le but de stabilisation environnementale, 8 envisageant à la fois nourriture et stabilisation, 2 avec des intentions médicales, 1 envisageant stabilisation et fourrage et 1 envisageant l'amélioration du sol. 82% des commandes étant pour la nourriture humaine et/ou la stabilisation confirme que la solution d'Eden est en harmonie avec les buts des fermiers locaux. Un fermier commanda 50 plantes d'une même espèce, quatre fermiers en commandèrent 20. La gamme était de 2 à 50 plantes, et la moyenne était de 8 plantes par commande. Les fermiers préféraient les espèces non communes dans leur région. 17 commandes ne furent pas traitées; 16 d'entre-elles parce que l'espèce commandée ne faisait pas partie de celles disponibles, 1 parce qu'un fermier était malade au moment du semis.

Un total de 22 fermiers semèrent les 6 espèces déjà mentionnées par semis direct. 16 d'entre-eux venaient de Dalli Nord situé à 100 mètres de la station de recherche, 2 d'entre-eux de Dalli Sud à 2 km de la station, l'un de Moucheri à 12 km de la station et 3 de Tanout à 13 km de la station de recherche.

Le taux moyen de germination des plantes semées par les fermiers était de 15%. La germination minimale par espèce était de 11%, tandis que la maximale était de 40%. La germination minimale par espèce par fermier était de 11%, tandis que la maximale était de 40%.

Eden contrôle également la germination et la capacité de survie dans les champs des fermiers. Ces données sont d'un caractère différent comme les plantes ne sont pas protégées contre le bétail, alors que la station de recherche est clôturée. Ces résultats sont ensuite mis en corrélation avec les résultats des essais afin de déterminer le nombre de graines nécessaire à la production d'une plante mûre dans le champ d'un fermier.

A partir des résultats ci-dessous, il est clair que les méthodes de vulgarisation d'Eden marchent, notamment que les fermiers peuvent eux-mêmes choisir si, quand et avec quelles espèces ils veulent protéger leur environnement en semant des plantes vivaces comestibles par semis direct. Le fermier est vu comme un client libre de faire les courses des espèces qu'il veut. La station de recherche agit également comme ferme-pilote où les fermiers peuvent regarder les espèces Dry Farming. Un Agriculteur Dry Farming local est disponible à la station de recherche afin d'expliquer les usages de ces espèces et démontrer comment au mieux les semer par semis direct  aux fermiers intéressés. (Aucun des travailleurs de l'Ouest du projet ne fait les démonstrations de semis afin que les fermiers ne deviennent pas dépendants des gens occidentaux.)

Les fermiers ont investi du travail et de la terre afin de cultiver des plantes vivaces et ils recevront en "salaire" de la nourriture à consommation humaine directe et un environnement mieux protégé du rude climat. Aussi, 3 des 6 espèces qu'ils ont semées ont une valeur économique directe. Leurs fruits sont vendus aux marchés urbains, donc tout surplus peut s'utiliser pour générer le revenu à l'achat d'autres produits nécessaires. Il a été rapporté que ces espèces ont divers autres usages que ceux mentionnés ci-dessus. Ces usages sont comme arbuste, fourrage, combustible, médecine, bois, brosse à dent, teint, tanin, bourrage de selles, bougie, produit chimique, engrais, fibre et insecticide. Elles stimulent l'économie en diminuant les importations et, pendant les périodes de sécheresse, la dépendance de distributions gratuites alimentaires. Le terme "aliment de disette" souvent utilisé par la presse occidentale est attentatoire, comme l'un des fruits de ces plantes contient 4 fois le taux de vitamine C de l'orange. Le vaste usage de plantes vivaces encourage les gens à les respecter et donc à les maintenir ainsi qu'à les semer. S'ils cultivent des plantes annuelles en association, celles-ci seront mieux protégées contre les vents violents comme les plantes vivaces abattent les vents. Les plantes vivaces fournissent des sites de nids et des abris aux prédateurs d'insectes et d'animaux étant des pestes potentielles. Ces plantes vivaces peuvent aussi être utilisées pour le fourrage et le bois de chauffage. La culture des plantes vivaces diminue la pression de fourrage et de bois de chauffage sur les plantes vivaces qui poussent déjà.

A la fois la station de recherche et les champs des fermiers ayant semé ces plantes agissent comme sites de préserve. Quelques espèces sont de plus en plus rares ou peut-être même en voie de disparition dû à leur surexploitation dans le Sahara et le long de ses frontières. La station de recherche et les champs des fermiers deviennent génétiquement plus riches grâce au semis direct de plantes vivaces lors d'une période de pauvreté génétique croissante.

Résumé

L'environnement du Sahara et de ses frontières se détériore. Les fermiers adjacents à la station de recherche d'Eden fauchent ou déracinent les plantes vivaces afin de faire place aux plantes annuelles, et on croit que les plantes vivaces gênent. Le résultat en est la perte de la couche arable fertile, l'accumulation de sable là où il n'est pas désiré et des tempêtes de poussière. Au point de vue d'Eden, l'environnement peut au mieux être stabilisé par ce que les fermiers locaux cultivent eux-mêmes des espèces comestibles tolérantes à la sécheresse. Le semis direct est considéré comme la meilleure méthode d'établir les plantes vivaces comme il est gratuit et comme l'irrigation n'est pas nécessaire, ce qui est important puisque l'eau est une source si précieuse.

Eden a fait des essais de semis direct et de capacité de survie depuis 1988. Les espèces capables de pousser là où la hauteur des précipitations annuelles est <225 mm et pouvant tolérer les conditions de désert chaud ainsi que produire de la nourriture humaine intéressent Eden. A la fois les traitements des graines et la profondeur de semis sont testés, les traitements incluant la scarification manuelle et les traitements d'eau. Le meilleur traitement d'une espèce donna une germination de 80% et 28 espèces germèrent à un taux de >10%. Le taux de capacité de survie moyenne était de 64% après la première saison sèche et chaude pour les espèces semées entre 1988 et 1990. En 1992, les graines de 9 espèces ayant déjà été testées par Eden, devinrent disponibles pour le semis direct aux fermiers intéressés. Les fermiers sélectionnèrent 6 espèces, la plupart d'entre-eux en demandant 2 chacun. Il voulaient surtout utiliser ces espèces pour la nourriture humaine et la protection de l'environnement. Chacune de ces espèces germèrent à un taux >10% alors qu'une d'entre-elles produit un taux de germination de 40%.

Ces résultats confirment que la méthode de vulgarisation d'Eden marche. La station de recherche agit comme ferme-pilote où les fermiers peuvent regarder pousser les plantes vivaces, et choisir par leur propre initiative si, quand et quelles espèces ils désirent cultiver. Un Agronome Dry Farming travaillant à la station de recherche prend des commandes de fermiers intéressés, les informe sur les usages des plantes vivaces et démontre comment les semer par semis direct.

Les espèces qu'Eden a trouvé favorables à la culture dans une région de hauteur de précipitations annuelles d'environ 200 mm, réussiront probablement encore mieux dans les régions plus au sud, ce qui fait que la recherche d'Eden peut s'appliquer sur une vaste région du Niger et à d'autres pays chauds et arides.

Aboutissement, Accomplissement, Constructivité et Maturité font partie du "Materia Screening Method" de Goalistic Thinking et ont été utilisés avec la permission bienveillante de Unilogo Invest AB, Suède.


Cet article fut présenté à la conférence intitulée "Le Reboisement par la Technique du Semis Direct", qui fut tenue à Zinder au Niger, du 5 au 7 novembre 1992. Elle était organisée par la FAO et le Département Environnemental du Niger.